Patchou's Cabana

The personal blog of Patchou

Concert Final Fantasy à Los Angeles, 2004 Page 4

Aeris’s Theme (FF-VII) est un classique qu’il aurait été impardonnable de mettre à l’écart. La version orchestrée bien connue de tous démarre donc cette seconde partie en douceur, enrichie de quelques images de la charmante vendeuse de fleurs de Midgar. Puis, enfin une nouveauté au programme: Not Alone (FF-IX). L’importance scénaristique de cette pièce ainsi que la beauté simpliste de la mélodie m’ont toujours touchés, et je suis heureux de dire que la version orchestrée était tout simplement majestueuse. Le rythme doux de la mélodie enchaîna sur une autre nouveauté, Ronfaure (FF-XI). Il sera probablement suffisant pour décrire cette pièce de mentionner la terrible envie que j’éprouvais de sortir acheter un PC, le jeu, et d’y jouer au lieu de me présenter à l’E3 (une nuit de sommeil m’aura finalement convaincu d’attendre quelques jours :).

Le présentateur revient avec une triste nouvelle: la fin est déjà proche. Bien heureusement, le superbe medley de Final Fantasy 1 à 3 qui suivit fit passer le goût amer. Encore une fois, aucune surprise si vous possédez l’enregistrement de 2002-0220. Par contre, permettez-moi de décerner un carton rouge à la harpiste. Celle-ci devait manquer de concentration ou de lunettes car elle n’a pu jouer correctement les dernières notes de l’air de Final Fantasy (la grande suite de notes montantes et descendantes, présente au début de la pièce). Mes dents grinçaient à chaque passage, saccager un air aussi connu dans une salle remplie de fans est probablement plus dangereux que de crier "Allez l’OM" au milieu d’un stade rempli de supporters du PSG, mais, heureusement pour elle, les fans de Final Fantasy, eux, sont pacifiques. Elle s’en tira saine et sauve, les dés lui ayant probablement été très favorables durant cette minute blasphématrice. Bref, le medley se termine néanmoins avec triomphe (les gens applaudirent en plein milieu lorsque les trompettes entamèrent la mélodie des Chocobos), la lumière baisse et une mélodie complètement inconnue jusqu’à ce jour se fait entendre. Il s’agit là d’un morceau tiré de Final Fantasy VII Advent Children, le prochain "film" de Square Enix. La pièce était tranquille et triste, rappelant vivement Final Fantasy VII. La musique ne peut donc que s’ajouter à nos attentes face à ce futur hit au format DVD.

FF-VII dans le programme

FF-XI dans le programme

FF-VII Advent Children

Et c’est déjà la dernière pièce de la soirée. Les violons se mettent à jouer le thème de fin de Final Fantasy VIII, c’est beau, personne ne veut que ça se termine, mais everything that has a beginning, has an end comme dirait l’autre. Cette dernière pièce efface tout accroc passé tant son interprétation est parfaite, la salle résonne sous les émotions, le dernier coup de baguette est donné; ça y est, le concert est fini. Tout le monde se lève pour applaudir les musiciens et le chef d’orchestre; M. Uematsu se lève et se dirige vers le centre de la salle. Les applaudissement triplent en intensité, les gens crient, cette fois c’est sûr, le maître va s’adresser à la foule. Vêtu d’un kimono deux pièces très classique ainsi qu’une paire de sandales, c’est un Nobuo rayonnant de joie qui prend le micro. Tout le monde continue d’applaudir de vives mains, chaque personne dans la salle voulant visiblement montrer au moustachu que sa présence valait a elle seule le prix du billet. Après tout, c’était lui, LE compositeur tant adulé par les fans de la saga Final Fantasy (j’entendis par la suite des commentaire d’employés du Concert Hall faisant plusieurs analogies avec des concerts de Madonna et autres célébrités mondiales tant l’emballement était général). M. Uematsu, un grand sourire aux lèvres, profite donc de l’occasion pour jouer les maîtres sorciers. Il baisse les bras pour diminuer les applaudissements, les lève pour les augmenter. Le respect donné à cette seule et unique personne est si présent qu’il en est presque palpable.

L’euphorie maintenant passée, M. Uematsu peut désormais entamer un léger discours, constitué de remerciements envers les musiciens, Square Enix USA et, bien entendu, tous ses fans à travers le monde. Une charmante interprète retransmet les paroles du maître en anglais pour le plaisir de tous. J’ai maintenant une nouvelle qui devrait faire plaisir à plus d’un d’entre vous. Les dernières mots de M. Uematsu furent "le succès de cette tournée de concerts a été tel que j’espère pouvoir en faire une tournée internationale dans un futur proche". Sur ces bonnes paroles, M. Uematsu invite deux amis, sans qui dit-il, tout cela n’aurait jamais été possible. Et là, silence, suivi d’un frémissement à la grandeur de la salle. Personne ne peut croire que ces deux personnes sont bien la, sous leur yeux, à à peine quelques dizaines de mètres d’eux.

Ces deux personnes sont nul autre M. Hironobu Sakaguchi (créateur de la série) et M. Yoshitaka Amano (illustrateur en chef). Les mains me font mal tant j’applaudis et mon cerveau n’arrive pas à enregistrer la réalité de l’évènement. M. Uematsu en profite pour ressortir ses talents de contrôle de foule, tant pour augmenter le bruit que le baisser. Après plusieurs minutes non-stop de chaudes acclamations, M. Yoshitaka commence à parler, il est visiblement très ému par l’accueil que la salle vient de lui réserver et parle avec un voix légèrement tremblotante. D’ailleurs, pour parler il parle, et tout le monde rit en
voyant le visage de l’interprète se décomposer au fur et à mesure que les minutes passent, sans interruption. Des remerciements sincères sont donc donnés et le micro est passé à M. Sakaguchi qui, avec un visage très sérieux, se tourne vers M. Uematsu et dit en anglais "Good concert Uematsu-san, nice music!". L’ambiance est maintenant décontractée, nous exhibons tous un sourire allant d’une oreille à l’autre, et M. Sakaguchi parle de Final Fantasy, qu’il considère comme un enfant au même titre que sa fille: "M Uematsu lui a donné ses premiers mots et M. Yoshitaka ses traits de visage".

FF-XII dans le programme

Les trois légendes réunies

Fin du programme

Après une dizaine de minutes de discussions, la Triforce quitte finalement la scène et le chef d’orchestre prend le micro pour dire quelques mots. Il se dit très agréablement surpris de voir la composition de l’audience de cette soirée. Jamais jusqu’à présent n’avait-il pu assister à tant d’enthousiasme pour un de ses concerts, surtout pas d’un public aussi jeune. "La musique est quelque chose qui nous rapproche tous. Je suis heureux de pouvoir partager l’univers de la musique classique avec vous". Il se dit également très agréablement surpris de voir la tournure qu’ont pris certains jeux vidéo ainsi que l’impact musical qu’ils ont auprès de leur public : "jamais mes musiciens et moi même n’aurions pensé interpréter un jour des musiques de jeux vidéos", puis il finit par "j’allais vous dire bonsoir mais visiblement, vous ne comptez aller nulle part".

Sans attendre, M. Harth-Bedoya reprend sa baguette, lève celle-ci, la lumière se rebaisse, les choristes se lèvent, et les corps-francais entament One Winged Angel, l’air tant connue associé à Sephiroth. "Un rappel dans un concert!" me suis-je dis. Tout le monde hurlait et applaudissait en réaction à cette magnifique surprise, on frisant l’hystérie collective. Ces quelques dernières minutes de pur bonheur eurent finalement raison du concert qui se trouva ainsi scellé pour de bon, M. Nobuo Uematsu se leva en même temps que le reste du public pour applaudir les musiciens, puis, sous une dernière pluie d’applaudissements, quitta la salle en toute modestie. Quelques minutes plus tard, j’étais moi-même sorti du Concert Hall, celui-ci baignait dans une belle et douce lumière jaunâtre, sous la nuit chaude d’un mois de Mai à Los Angeles. Je tendis le bras, monta dans un taxi, et regagna mon hôtel, le coeur léger et un sourire indélébile au visage, laissé par un des plus formidables moustachus de la planète.

Je ne pense pas qu’il me soit nécessaire de résumer ces deux articles. Je suis un développeur de logiciel, pas plus littéraire qu’une calculatrice, et ce concert à quand même réussi à m’arracher 8 pages de texte, $100 de frais de station internet, et une paire d’yeux rouges causés par la fatigue, le décalage horaire, et l’heure tardive de rédaction… je ne vois pas ce que je pourrais ajouter à ça. Merci d’avoir lu cet article, je vous dis à bientôt pour un résumé de mon expérience à l’E3!

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